Shimux : 160 films rangés par cinéaste, du Rendez-vous de Lubitsch et du Mary Poppins de Stevenson au Before Sunrise de Linklater, au PlayTime de Tati et au Perfect Days de Wenders

160 films, 46 cinéastes : seize filmographies et cinq ateliers.

Seize filmographies

  1. Robert Stevenson1957 – 19675 films
  2. Howard Hawks1934 – 19646 films
  3. Tim Burton1985 – 20195 films
  4. George Cukor1935 – 19645 films
  5. Vincente Minnelli1944 – 19575 films
  6. Richard Linklater1995 – 20194 films
  7. Lasse Hallström1985 – 20254 films
  8. Ernst Lubitsch1931 – 19464 films
  9. Jon Turteltaub1993 – 20004 films
  10. Stephen Herek1989 – 20154 films
  11. Herbert Ross1977 – 19894 films
  12. Howard Deutch1986 – 20004 films
  13. Paul Hoen2002 – 20154 films
  14. Katja von Garnier2004 – 20174 films
  15. Aki Kaurismäki1985 – 19964 films
  16. Federico Fellini1970 – 19874 films

Cinq ateliers

  1. Atelier français1958 – 201915 films
  2. Atelier Hollywood classique1933 – 196418 films
  3. Atelier d'aujourd'hui1987 – 202624 films
  4. Atelier européen1945 – 202318 films
  5. Atelier d'Asie1952 – 202115 films

Robert Stevenson

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Howard Hawks

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Tim Burton

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George Cukor

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Vincente Minnelli

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Richard Linklater

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Lasse Hallström

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Ernst Lubitsch

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Jon Turteltaub

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Stephen Herek

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Herbert Ross

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Paul Hoen

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Autres listes

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Le guide Shimux

Shimux : 160 films rangés par cinéaste, du Rendez-vous de Lubitsch et du Mary Poppins de Stevenson au Before Sunrise de Linklater, au PlayTime de Tati et au Perfect Days de Wenders

Quand on a aimé un livre, on cherche ce que son auteur a écrit d'autre. Avec les films, on y pense plus rarement : on retient un titre, une actrice, une scène, et le nom du réalisateur file au générique. Shimux propose de faire autrement. Le guide range ses 160 films par cinéaste, comme une bibliothèque range ses romans par écrivain. Vous avez aimé un film ? Les autres films de la même main sont juste à côté.

Le catalogue réunit 46 cinéastes et 160 films, soit 287 heures de cinéma, de 1931 à 2026. Seize cinéastes ont leur propre rayon, avec quatre à six films chacun. Trente autres, présents par trois films, sont regroupés dans cinq ateliers. Les films sont tournés dans dix langues, de l'anglais au bengali ; les titres et les synopsis sont en français. Ce guide présente les seize filmographies, puis les cinq ateliers, et donne quelques clés pour reconnaître un style. Les années, les durées et les scores cités viennent des fiches. La visite rapide se trouve à la page Bienvenue sur Shimux.

Pourquoi ranger par cinéaste

Un film est une œuvre collective, mais quelqu'un décide de tout : où poser la caméra, quand couper, quelle prise garder, sur quel ton jouer la scène. À force de décisions, une manière apparaît, et cette manière se retrouve de film en film. On reconnaît une comédie de Lubitsch à ses portes qui s'ouvrent et se ferment, un film de Tati à ses bruits, un Kaurismäki à ses silences. Voir trois ou quatre films d'un même auteur, c'est apprendre à repérer cette signature, et le plaisir du spectateur en est doublé.

La règle du guide est simple. Tout cinéaste dont le catalogue compte au moins quatre films reçoit une liste à son nom. Ceux qui en comptent trois rejoignent un atelier, où ils voisinent avec d'autres cinéastes de la même famille : l'atelier français, l'atelier Hollywood classique, l'atelier d'aujourd'hui, l'atelier européen et l'atelier d'Asie. Chaque film appartient à une seule liste.

Le résultat mêle des noms très célèbres et des artisans que l'on connaît surtout par leurs films. C'est voulu. Howard Deutch ou Stephen Herek ont rarement leur nom en haut de l'affiche, et pourtant leurs films ont accompagné des millions d'enfances. Les ranger à côté de Fellini et de Hawks rappelle une chose simple : derrière chaque film aimé, il y a quelqu'un. La page Le cinéma par ses auteurs résume ce principe.

La page d'accueil

La page a la couleur du papier, avec une barre brun anthracite et un clap pour logo. Sous le titre, seize plaques sombres, alignées par quatre, portent chacune un nom en capitales, comme au dos d'un fauteuil de tournage. Sous le nom, les années que couvrent ses films et leur nombre. Une seconde rangée, un peu plus claire, présente les cinq ateliers.

Un clic sur une plaque fait descendre jusqu'à la rangée du cinéaste, où ses films sont présentés dans l'ordre chronologique, du plus ancien au plus récent : on voit la carrière se dérouler de gauche à droite. Les rangées des ateliers montrent six films parmi les plus populaires. Une dernière rangée, Les sommets, réunit les meilleurs scores, et deux boutons mènent aux films d'avant 1970 et aux films récents.

Ernst Lubitsch : 4 films, 1931 – 1946

Commençons par celui que ses confrères appelaient le maître. Lubitsch a quitté Berlin pour Hollywood et y a inventé la comédie élégante, celle où l'on comprend tout par allusion. Ses quatre films ont la meilleure moyenne des seize filmographies, 7,4. Le Lieutenant souriant (1931, 6,8), avec Maurice Chevalier, est une opérette pleine de sous-entendus. Ninotchka (1939, 110 minutes, 7,5) envoie une commissaire soviétique austère à Paris, où Greta Garbo finit par éclater de rire.

Rendez-vous (1940, 99 minutes, 8,1) est son chef-d'œuvre et le film le mieux classé du guide avec Dans les yeux d'Enzo : deux vendeurs d'une maroquinerie de Budapest se chamaillent toute la journée et s'aiment par lettres à leur insu. La Folle Ingénue (1946, 7,2), son dernier film achevé, suit une jeune femme passionnée de plomberie dans la bonne société anglaise. Quatre films, quatre villes d'Europe reconstituées en studio, et la même légèreté.

Howard Hawks : 6 films, 1934 – 1964

Hawks a tout fait, et tout bien : la comédie, l'aventure, le western, le film d'époque. Ses six films couvrent trente ans. Train de luxe (1934, 6,8) enferme un metteur en scène tyrannique et son actrice vedette dans un wagon : c'est l'une des premières comédies où l'on parle à cette vitesse. Seuls les anges ont des ailes (1939, 121 minutes, 7,3), le mieux classé, suit des pilotes de l'aéropostale dans un port d'Amérique du Sud, avec Cary Grant.

On retrouve Cary Grant dans Chérie je me sens rajeunir (1952, 97 minutes), où un chimiste boit par erreur un élixir de jouvence préparé par un chimpanzé. La même année, La Captive aux yeux clairs (1952) remonte le Missouri avec des trappeurs. La Terre des pharaons (1955) construit une pyramide avec des milliers de figurants. Le Sport favori de l'homme (1964, 7,0) fait d'un vendeur d'articles de pêche, auteur d'un manuel célèbre, un imposteur qui tient une canne pour la première fois. Chez Hawks, les personnages se définissent par leur métier, et les femmes ont toujours le dernier mot.

George Cukor : 5 films, 1935 – 1964

Cukor était le grand directeur d'actrices d'Hollywood. Ses cinq films vont de David Copperfield (1935, 6,7), adaptation de Dickens, à My Fair Lady (1964, 173 minutes, 7,5), qui lui a valu l'Oscar. Entre les deux : Sylvia Scarlett (1935), où Katharine Hepburn se déguise en garçon pour suivre son père sur les routes ; Comment l'esprit vient aux femmes (1950, 7,3), où une jeune femme que l'on croyait sotte prend des leçons et remet tout le monde à sa place ; et Le Milliardaire (1960), où Yves Montand, pour séduire Marilyn Monroe, se fait passer pour un comédien fauché.

Le sujet de Cukor reste le même : quelqu'un se transforme, par l'éducation, le théâtre ou le déguisement, et découvre qui il est. Eliza Doolittle, la marchande de fleurs de My Fair Lady, en est le plus bel exemple.

Vincente Minnelli : 5 films, 1944 – 1957

Minnelli est le peintre du groupe. Ancien décorateur, il compose chaque plan comme un tableau. Le Chant du Missouri (1944, 114 minutes, 7,0) raconte une année de la vie d'une famille de Saint-Louis, saison par saison, avec Judy Garland. Brigadoon (1954) fait apparaître un village écossais une fois par siècle. Les Ensorcelés (1952, 118 minutes, 7,3), le mieux classé, montre l'envers du décor : un producteur de cinéma vu par trois personnes qu'il a faites et trahies.

Deux comédies complètent sa liste : La Roulotte du plaisir (1954, 7,0), où de jeunes mariés traversent l'Amérique avec une caravane beaucoup trop grande, et La Femme modèle (1957), où un journaliste sportif épouse une créatrice de mode. Cinq films en treize ans, tous en couleurs éclatantes sauf un. La page Les maîtres d'Hollywood réunit ces quatre cinéastes et le suivant.

Robert Stevenson : 5 films, 1957 – 1967

Stevenson, Anglais installé en Californie, a été pendant vingt ans le réalisateur de confiance des studios Disney. Cinq de ses films sont ici, tous tournés en dix ans. Fidèle vagabond (1957, 84 minutes, 6,9) raconte un garçon et son chien dans le Texas des pionniers. Darby O'Gill et les farfadets (1959) emmène en Irlande chez le roi des lutins, avec un tout jeune Sean Connery. Le Roi Des Distraits (1961) invente une matière élastique qui fait voler les voitures.

Mary Poppins (1964, 139 minutes, 7,5) est son triomphe et le film le plus voté de toutes les filmographies classiques. La Gnome-Mobile (1967) ferme la série. Stevenson cherchait le bon rythme plutôt que la signature, et ses films gardent la fraîcheur du premier jour.

Federico Fellini : 4 films, 1970 – 1987

Les quatre Fellini du guide appartiennent à sa dernière période, la plus joueuse. Les Clowns (1970, 6,8) part à la recherche des vieux artistes de cirque qui l'ont fasciné enfant. Et vogue le navire (1983, 129 minutes, 7,2), le mieux classé, embarque des chanteurs d'opéra sur un paquebot en 1914, pour disperser en mer les cendres d'une diva ; la mer est en plastique, et on le voit, et c'est magnifique.

Ginger et Fred (1986) réunit Giulietta Masina et Marcello Mastroianni en vieux danseurs de claquettes invités dans une émission de télévision tapageuse. Intervista (1987) promène une équipe de télévision japonaise dans les studios de Cinecittà, où Fellini se met lui-même en scène. Quatre films sur le spectacle, par un homme qui a toujours tenu la vie pour un grand cirque.

Aki Kaurismäki : 4 films, 1985 – 1996

Le Finlandais Kaurismäki filme des gens modestes qui parlent peu, fument beaucoup et gardent leur dignité en toute circonstance. Son humour tient à ce flegme. Dans Calamari Union (1985, 7,0), dix-sept hommes, presque tous prénommés Frank, tentent de traverser Helsinki pour atteindre un quartier meilleur. Dans Leningrad Cowboys go America (1989, 79 minutes, 7,0), un groupe de musiciens aux bananes démesurées part chercher le succès aux États-Unis.

La Vie de Bohème (1992, 103 minutes, 7,5) est tourné en français, à Paris, en noir et blanc : un peintre, un écrivain et un compositeur partagent leur misère et leur amitié. Au loin s'en vont les nuages (1996, 97 minutes, 7,6), le mieux classé, suit un couple qui perd son travail et ouvre un restaurant. C'est le plus chaleureux de ses films, et une excellente porte d'entrée.

Lasse Hallström : 4 films, 1985 – 2025

Hallström a commencé en Suède et continué à Hollywood, en gardant le même sujet : les liens qui consolent. Ma vie de chien (1985, 102 minutes, 7,2), chronique d'un garçon de douze ans envoyé chez son oncle dans un village, l'a fait connaître dans le monde entier. Trente-deux ans plus tard, Mes vies de chien (2017, 100 minutes, 7,6) reprend presque le même titre pour raconter un chien fidèle à travers plusieurs existences.

Les Recettes du bonheur (2014, 122 minutes, 7,3) oppose deux restaurants dans un village du Sud-Ouest français. La carte qui mène jusqu'à toi (2025) est son film le plus récent. Quarante ans séparent le premier du dernier : c'est la plus longue carrière du guide parmi les cinéastes vivants.

Katja von Garnier : 4 films, 2004 – 2017

L'Allemande Katja von Garnier est la seule réalisatrice à disposer de sa propre liste. Elle y montre deux visages. Iron Jawed Angels (2004, 6,8), tourné aux États-Unis, raconte le combat des suffragettes américaines pour le droit de vote. Puis viennent les trois premiers volets d'une saga équestre très aimée du jeune public : Whisper : Libres comme le vent (2013, 7,4), Whisper 2 : L'Aventure continue (2015, 7,3) et Whisper 3 : La Chevauchée sauvage (2017, 7,4).

Le lien entre les deux ? Des héroïnes qui tiennent tête. Mika, l'adolescente qui murmure à l'oreille d'un étalon indomptable, est la petite cousine des militantes de 1917. Voir la page Les Européens.

Tim Burton : 5 films, 1985 – 2019

Burton est le plus reconnaissable des cinéastes américains d'aujourd'hui : silhouettes étirées, rayures, banlieues trop proprettes, tendresse pour les inadaptés. Ses cinq films vont de son premier long métrage, Pee-wee Big Adventure (1985, 91 minutes), où un grand enfant traverse l'Amérique pour retrouver son vélo, à Dumbo (2019, 112 minutes).

Charlie et la Chocolaterie (2005, 115 minutes, 7,0) est le film le plus voté de tout le guide, avec plus de 16 000 voix. Alice au Pays des Merveilles (2010, 108 minutes) le suit de près. Big Eyes (2014, 106 minutes, 7,0) est une exception dans son œuvre : une histoire vraie, toute simple, sur une peintre dont le mari s'attribuait les tableaux. C'est aussi, discrètement, un film sur ce que signer veut dire.

Richard Linklater : 4 films, 1995 – 2019

Linklater filme le temps qui passe. Before Sunrise (1995, 101 minutes, 8,0) suit deux inconnus une nuit à Vienne ; Before Sunset (2004, 80 minutes, 7,8) les retrouve neuf ans plus tard, avec les mêmes acteurs, vieillis d'autant. Ce sont deux des films les mieux classés du guide, et la filmographie de Linklater a l'une des meilleures moyennes des seize, 7,2.

Orson Welles & moi (2008) raconte la semaine où un lycéen se retrouve engagé dans la troupe d'un metteur en scène de vingt-deux ans, en 1937. Bernadette a disparu (2019) suit une architecte géniale et fantasque jusqu'en Antarctique. Chez Linklater, on parle beaucoup, on marche, et la conversation est une aventure.

Herbert Ross : 4 films, 1977 – 1989

Ancien danseur et chorégraphe, Herbert Ross a le sens du mouvement. Footloose (1984, 107 minutes, 6,7) en est la preuve : un lycéen de Chicago arrive dans une petite ville où la danse est interdite. Adieu, je reste (1977, 6,9), comédie de colocation forcée, a valu un Oscar à Richard Dreyfuss. Le Secret de mon succès (1987) lance Michael J. Fox à l'assaut d'une grande entreprise new-yorkaise.

Potins de femmes (1989, 117 minutes, 7,2), le mieux classé, réunit six actrices dans un salon de coiffure de Louisiane, sur plusieurs années. Ross dirigeait ses comédiens comme une troupe de ballet : chacun a son entrée, et l'ensemble compte plus que les solistes.

Howard Deutch : 4 films, 1986 – 2000

Howard Deutch a débuté en mettant en scène deux scénarios de John Hughes, devenus des classiques du film de lycée : Rose Bonbon (1986, 97 minutes, 6,7) et La Vie à l'envers (1987, 95 minutes, 6,9). Les deux films racontent la même histoire en miroir, un amour entre deux milieux, vue une fois par la fille, une fois par le garçon.

Vacances très mouvementées (1988, 91 minutes) oppose deux beaux-frères dans un chalet au bord d'un lac. Les Remplaçants (2000, 118 minutes) forme une équipe de football américain avec des amateurs. Deutch est un artisan de la comédie chaleureuse, et ses quatre films se revoient comme on retrouve de vieux amis.

Stephen Herek : 4 films, 1989 – 2015

Stephen Herek a signé deux films que toute une génération connaît : L'Excellente Aventure de Bill et Ted (1989, 90 minutes, 6,8), où deux lycéens voyagent dans le temps en cabine téléphonique pour préparer un exposé d'histoire, et Professeur Holland (1995, 143 minutes, 7,0), trente ans de la vie d'un professeur de musique.

Il s'est ensuite tourné vers le téléfilm et le cinéma familial, avec Le Feu sur la glace 4 (2010) et La Fabuleuse Gilly Hopkins (2015), où une préadolescente placée en famille d'accueil finit par s'y attacher. Du lycée de San Dimas au conservatoire, Herek a un sujet de prédilection : ce que les adultes transmettent aux jeunes, parfois malgré eux.

Jon Turteltaub : 4 films, 1993 – 2000

Quatre films en sept ans, quatre succès populaires des années quatre-vingt-dix. Rasta Rockett (1993, 98 minutes, 7,0) emmène des Jamaïcains aux Jeux d'hiver. L'Amour à tout prix (1995, 103 minutes, 7,0) installe Sandra Bullock dans une famille qui la prend pour la fiancée d'un homme dans le coma. Phénomène (1996) donne à un garagiste de campagne une intelligence prodigieuse, du jour au lendemain. Sale môme (2000) met un consultant cynique face à l'enfant de huit ans qu'il a été.

Turteltaub filme des gens ordinaires à qui il arrive quelque chose d'extraordinaire, et qui en deviennent meilleurs. C'est une formule simple, et elle est plus difficile à réussir qu'il y paraît.

Paul Hoen : 4 films, 2002 – 2015

Paul Hoen est le spécialiste du téléfilm pour adolescents, celui que l'on regardait le vendredi soir sur une chaîne jeunesse. Ses quatre films ont accompagné les collégiens des années deux mille : Bienvenue chez Trudy (2002, 6,9), où une lycéenne filme le quotidien de son frère jumeau handicapé ; Cloud 9, l'ultime figure (2014, 6,9), sur les pistes de planche à neige ; Le garçon idéal (2014), où deux amies programment un petit ami virtuel qui prend vie ; et Ma sœur est invisible ! (2015).

Lui donner une liste à côté de Hawks et de Fellini peut surprendre. C'est pourtant le principe du guide : un cinéaste est quelqu'un qui a une manière, et celle de Hoen, vive, colorée, bienveillante, se reconnaît en trois plans. Voir la page Les Américains d'hier à aujourd'hui.

Les cinq ateliers

Trente cinéastes sont présents par trois films. Trois films, c'est assez pour sentir un style, trop peu pour une liste. Le guide les réunit donc par familles, dans cinq ateliers, comme les artistes d'une même école partagent une salle de musée. La page Les cinq ateliers en donne le plan.

L'atelier français : 15 films

Cinq cinéastes français, quinze films, de 1958 à 2019. Jacques Tati y occupe la première place avec sa trilogie de monsieur Hulot face au monde moderne : Mon oncle (1958, 7,4), PlayTime (1967, 7,7) et Trafic (1971, 7,1). Chez Tati, on écoute autant qu'on regarde : une semelle sur le gravier, un fauteuil qui se dégonfle, une porte qui claque en silence.

Éric Rohmer filme des jeunes gens qui hésitent et qui parlent : Le Rayon vert (1986, 7,5), L'Ami de mon amie (1987, 7,2) et Conte d'été (1996, 7,3). Claude Sautet filme des adultes qui se taisent et qui souffrent un peu : César et Rosalie (1972, 7,2), Un cœur en hiver (1992, 7,3) et Nelly et Mr. Arnaud (1995, 7,0). Bertrand Tavernier change de sujet à chaque film : un vieux peintre dans Un dimanche à la campagne (1984), un saxophoniste américain à Paris dans Autour de minuit (1986, 7,1), un directeur d'école maternelle du Nord dans Ça commence aujourd'hui (1999, 7,1). Cédric Klapisch, le benjamin, suit sa génération : Casse-tête chinois (2013), Ce qui nous lie (2017) et Deux moi (2019), où deux voisins parisiens se croisent pendant tout le film avant de se rencontrer. Voir la page L'atelier français.

L'atelier Hollywood classique : 18 films

Six cinéastes des grands studios, dix-huit films, de 1933 à 1964. Frank Capra, d'abord, avec trois films des années trente : Grande dame d'un jour (1933, 7,1), où des mauvais garçons au grand cœur transforment une marchande de pommes en dame du monde ; New York - Miami (1934, 7,8), la comédie qui a tout raflé aux Oscars ; et Les Horizons perdus (1937), aventure et utopie dans l'Himalaya.

Trois maîtres de la comédie musicale : Mark Sandrich, qui a réglé les duos de Fred Astaire et Ginger Rogers dans En suivant la flotte (1936), L'Entreprenant Monsieur Petrov (1937, 7,3) et Amanda (1938) ; Charles Walters, avec Parade de printemps (1948, 7,0), Lili (1953) et ses marionnettes, et Haute société (1956), où Grace Kelly hésite entre Bing Crosby et Frank Sinatra ; Stanley Donen, avec Mariage Royal (1951), Les sept femmes de Barbe-Rousse (1954, 7,1) et Drôle de Frimousse (1957, 7,0).

Clarence Brown apporte la douceur : Sa femme et sa secrétaire (1936), Le Grand National (1945, 7,2) et Jody et le faon (1946). Frank Tashlin, ancien dessinateur de dessins animés, apporte le délire, avec trois comédies de Jerry Lewis : Trois bébés sur les bras (1958), Un chef de rayon explosif (1963) et Jerry chez les cinoques (1964). Dix-huit films, et toute la palette du vieil Hollywood.

L'atelier d'aujourd'hui : 24 films

Huit cinéastes de langue anglaise, vingt-quatre films, de 1987 à 2026 : le plus grand atelier. On y trouve les artisans des succès des trente dernières années. Garry Marshall, roi de la comédie romantique : Un couple à la mer (1987, 6,9), L'Autre sœur (1999) et Un mariage de princesse (2004). Michael Hoffman : La télé lave plus propre (1991), satire des feuilletons, Un beau jour (1996), une journée de course contre la montre pour deux parents célibataires, et Une seconde chance (2014, 7,5).

Jon Favreau passe de la comédie au grand spectacle : Elfe (2003), Le Livre de la jungle (2016) et The Mandalorian and Grogu (2026, 7,5). David Frankel raconte des gens qui s'accrochent : Marley & moi (2008, 7,2), Un incroyable talent (2013) et Jerry & Marge Go Large (2022, 7,4). Simon Curtis, Britannique, signe Goodbye Christopher Robin (2017, 7,0), Dans les yeux d'Enzo (2019, 8,1) et Downton Abbey II : Une nouvelle ère (2022, 7,2).

L'Irlandais John Carney fait un film musical à chaque fois : Sing Street (2016, 7,9), Flora and Son (2023) et Power Ballad (2026, 7,0). Kenny Ortega, chorégraphe, dirige des lycéens chantants dans Les Cheetah Girls 2 (2006), High School Musical 2 (2007) et High School Musical 3 : Nos années lycée (2008). Alex Zamm tourne pour les familles : Rendez-vous à la Maison Blanche (1998), Les Petites Canailles à la Rescousse (2014) et Une Américaine à Paris (2019).

L'atelier européen : 18 films

Six cinéastes, dix-huit films, de 1945 à 2023, quatre langues. L'Allemand Wim Wenders ouvre l'atelier avec trois films tournés dans trois pays : Alice dans les villes (1974, 7,7) en Allemagne, L'état des choses (1982) au Portugal, où une équipe de tournage attend une pellicule qui tarde, et Perfect Days (2023, 7,8) au Japon. L'Italien Nanni Moretti joue dans ses propres films : Sogni d'oro (1981, 7,1), Palombella rossa (1989, 7,1) et Le Caïman (2006).

Deux Britanniques. Michael Powell, avec son complice Emeric Pressburger, a tourné quelques-uns des plus beaux films en couleurs du cinéma anglais : Je sais où je vais (1945, 7,1), Les Chaussons rouges (1948, 8,0) et Les contes d'Hoffmann (1951, 7,1), opéra filmé comme un rêve. L'Écossais Bill Forsyth a inventé une comédie douce et lunaire : Une fille pour Gregory (1980), Local hero (1983) et Comfort and Joy (1984), où un animateur de radio de Glasgow se retrouve arbitre d'une guerre entre marchands de glaces.

L'Allemand Felix Fuchssteiner a adapté une trilogie de romans pour adolescents, où une lycéenne londonienne découvre qu'elle voyage dans le temps : Rouge rubis (2013), Bleu saphir (2014, 7,1) et Vert émeraude (2016, 7,0). Le Russe Dmitriy Dyachenko signe trois comédies populaires : De quoi parlent les hommes (2010, 7,2), Cuisine à Paris (2014) et Le Dernier Chevalier : La Racine du mal (2020).

L'atelier d'Asie : 15 films

Cinq cinéastes, quinze films, de 1952 à 2021 : le mieux classé des ateliers, à 7,4 de moyenne. Trois Japonais. Yasujirō Ozu, avec Le Goût du riz au thé vert (1952, 7,5), Fleurs d'équinoxe (1958, 7,4) et Fin d'automne (1960, 7,7) : des parents, des enfants à marier, et une caméra posée au ras du sol. Shinobu Yaguchi, avec trois comédies d'apprentissage en groupe : Waterboys (2001), Swing Girls (2004, 7,9) et Survival Family (2017, 7,3). Naomi Kawase, avec Les délices de Tokyo (2015, 7,5), Vers la lumière (2017) et True Mothers (2020, 7,4).

Le Coréen Kwak Jae-yong est un maître du mélodrame romantique : The Classic (2003, 7,6), Cyborg Girl (2008, 7,2), tourné au Japon, et A Year-End Medley (2021, 7,2). Et l'Indien Satyajit Ray, l'un des plus grands cinéastes du siècle dernier, présente trois films en bengali : La Grande Ville (1963, 7,8), où une mère de famille de Calcutta prend un emploi pour la première fois ; Le Héros (1966, 8,0), où une vedette de cinéma se confie à une journaliste pendant un voyage en train ; et Le Visiteur (1991, 7,6), son dernier film, où un oncle disparu depuis trente-cinq ans frappe à la porte. Voir la page L'atelier d'Asie.

Reconnaître un style

Comment sait-on qu'un film est de quelqu'un ? Plusieurs indices reviennent, et le guide permet de les vérifier. Le premier est le sujet. Hallström revient aux chiens à trente-deux ans d'écart. Linklater revient au même couple. Ozu revient trois fois au mariage d'une fille. Fellini revient au spectacle, Tati à la modernité, Ray à la dignité des gens ordinaires.

Le deuxième indice est le visage. Les cinéastes ont leurs acteurs. Cary Grant joue deux fois pour Hawks. Fred Astaire danse trois fois pour Sandrich et deux fois pour Donen. Audrey Hepburn passe de Donen, dans Drôle de Frimousse, à Cukor, dans My Fair Lady. Jerry Lewis appartient à Tashlin, Judy Garland à Minnelli et à Walters. Chez Kaurismäki, les mêmes visages fatigués et dignes reviennent de film en film ; chez Moretti, c'est le cinéaste lui-même qui joue.

Le troisième indice est le lieu. Kaurismäki, c'est Helsinki, même quand il tourne à Paris. Rohmer, ce sont les plages et les villes nouvelles. Forsyth, c'est l'Écosse. Lubitsch, c'est une Europe de studio, plus élégante que la vraie. Le quatrième, enfin, est le ton, le plus difficile à décrire et le plus sûr : cette façon de regarder les personnages, moqueuse chez Cukor, tendre chez Capra, amusée chez Hawks. Au bout de trois films, vous le reconnaîtrez les yeux fermés. La page Reconnaître un style propose quelques exercices.

Par quel film commencer chaque cinéaste

Une filmographie s'aborde mieux par la bonne porte. Voici, pour les seize cinéastes, le premier film à voir. Lubitsch : Rendez-vous. Hawks : Seuls les anges ont des ailes. Cukor : Comment l'esprit vient aux femmes, plus vif encore que My Fair Lady. Minnelli : Le Chant du Missouri. Stevenson : Mary Poppins. Fellini : Ginger et Fred, le plus accessible des quatre. Kaurismäki : Au loin s'en vont les nuages. Hallström : Ma vie de chien.

Von Garnier : Whisper : Libres comme le vent. Burton : Charlie et la Chocolaterie. Linklater : Before Sunrise. Ross : Potins de femmes. Deutch : Rose Bonbon. Herek : L'Excellente Aventure de Bill et Ted. Turteltaub : Rasta Rockett. Hoen : Cloud 9, l'ultime figure. Seize films, seize signatures : c'est un tour d'horizon de vingt-huit heures environ.

Pour les ateliers, cinq portes suffisent : Mon oncle pour l'atelier français, New York - Miami pour Hollywood classique, Sing Street pour l'atelier d'aujourd'hui, Local hero pour l'atelier européen et Swing Girls pour l'atelier d'Asie. La page Par quel film commencer reprend cette liste.

Les sommets

La liste Les sommets réunit les vingt-quatre films au score le plus haut. Deux films la dominent à 8,1 : Dans les yeux d'Enzo de Simon Curtis et Rendez-vous d'Ernst Lubitsch. Trois suivent à 8 : Le Héros de Satyajit Ray, Les Chaussons rouges de Michael Powell et Before Sunrise de Richard Linklater. Puis Swing Girls et Sing Street à 7,9.

Un seul cinéaste place ses trois films parmi les sommets : Satyajit Ray. Linklater, Lubitsch, Kaurismäki et Wenders en placent deux chacun. Les ateliers s'y défendent très bien : l'atelier d'Asie compte sept sommets à lui seul, grâce à Ray, Ozu, Yaguchi, Kwak et Kawase. C'est la démonstration que trois films bien choisis valent une longue liste. Voir la page Les sommets.

Les époques

Le guide couvre quatre-vingt-quinze ans de cinéma, et ses cinéastes se répartissent en générations. Les pionniers du parlant, actifs dès les années trente : Lubitsch, Hawks, Cukor, Capra, Sandrich, Brown. Les maîtres de l'après-guerre : Minnelli, Donen, Walters, Powell, Ozu, Tati, Stevenson, Tashlin. La génération des années soixante à quatre-vingt : Fellini, Ray, Sautet, Rohmer, Tavernier, Wenders, Moretti, Forsyth, Ross.

La génération qui a débuté dans les années quatre-vingt : Burton, Deutch, Herek, Kaurismäki, Hallström, Marshall. Celle des années quatre-vingt-dix et deux mille : Linklater, Turteltaub, Hoffman, Favreau, Frankel, Klapisch, Yaguchi, Kwak, Kawase, Hoen, Ortega, Zamm. Et les plus récents : Carney, Curtis, von Garnier, Fuchssteiner, Dyachenko.

La liste Avant 1970 réunit les cinquante-trois films des trois premières générations ; c'est un tiers du catalogue, et une part plus forte que dans la plupart des guides. La liste Depuis 2019 en compte quinze, dont les plus récents sont The Mandalorian and Grogu et Power Ballad, tous deux de 2026. Le film le plus ancien est Le Lieutenant souriant (1931).

Les passerelles entre cinéastes

Les cinéastes se répondent, et le guide permet de suivre ces échos. Lubitsch et Sandrich ont travaillé pour les mêmes studios dans les mêmes années. Donen, Walters et Minnelli appartenaient à la même équipe de comédie musicale, celle de la grande époque du Technicolor, et l'on voit dans leurs films les mêmes danseurs passer d'un plateau à l'autre. Deutch a filmé les scénarios de John Hughes. Herek et Turteltaub ont tourné pour les mêmes producteurs de comédies familiales.

Il y a aussi les héritages. Kaurismäki admire Ozu, et cela se voit : même sobriété, mêmes plans fixes, même affection pour les gens modestes. Wenders aussi vénère Ozu, au point d'être allé tourner Perfect Days à Tokyo. Linklater doit beaucoup à Rohmer : ses deux promenades amoureuses sont des contes moraux en anglais. Klapisch est un cousin de Truffaut. Kawase prolonge, à sa manière, la douceur d'Ozu.

Ces liens suggèrent des doubles programmes : Fin d'automne puis Au loin s'en vont les nuages ; Le Rayon vert puis Before Sunrise ; Drôle de Frimousse puis My Fair Lady, deux Audrey Hepburn chez deux cinéastes ; Rose Bonbon puis La Vie à l'envers, le même scénariste, le même réalisateur, la même histoire retournée.

Les cinéastes loin de chez eux

Beaucoup des cinéastes du guide ont fait leurs meilleurs films à l'étranger. Lubitsch était berlinois : ses comédies hollywoodiennes se passent à Paris, à Budapest, à Londres, dans une Europe qu'il reconstruisait de mémoire. Stevenson était anglais et a passé vingt ans chez Disney. Hallström est suédois, et trois de ses quatre films sont américains. Wenders, allemand, a tourné au Portugal et au Japon.

Kaurismäki a tourné La Vie de Bohème à Paris, en français, avec ses acteurs finlandais et quelques comédiens du pays. Tavernier a tourné Autour de minuit en anglais, par amour du jazz. Kwak Jae-yong, coréen, a tourné Cyborg Girl au Japon. Katja von Garnier, allemande, a tourné Iron Jawed Angels aux États-Unis. Et Simon Curtis, britannique, alterne les deux rives de l'Atlantique.

Le dépaysement réussit aux cinéastes. Loin de chez eux, ils regardent mieux : les détails que les habitants ont cessé de voir leur sautent aux yeux. C'est pourquoi le Paris de Kaurismäki, le Tokyo de Wenders et le Budapest de Lubitsch ont un charme que les films locaux atteignent rarement.

Premiers films, derniers films

Le guide contient quelques débuts et quelques adieux. Pee-wee Big Adventure est le premier long métrage de Tim Burton, tourné à vingt-six ans : tout son univers y est déjà, en plus léger. Rose Bonbon est le premier film de Howard Deutch. L'Excellente Aventure de Bill et Ted est le deuxième de Stephen Herek. Ma vie de chien est le film qui a ouvert à Lasse Hallström les portes d'Hollywood, et Une fille pour Gregory celui qui a révélé Bill Forsyth.

À l'autre bout des carrières, La Folle Ingénue est le dernier film que Lubitsch a terminé. Le Visiteur est le dernier de Satyajit Ray, tourné alors qu'il était déjà malade, et c'est une œuvre d'une sérénité étonnante. Fin d'automne appartient à la dernière manière d'Ozu, en couleurs, d'une douceur presque immobile. Nelly et Mr. Arnaud est le dernier film de Claude Sautet, Trafic le dernier où Tati incarne monsieur Hulot au cinéma, Le Sport favori de l'homme l'une des dernières comédies de Hawks.

Voir un premier et un dernier film le même week-end est une expérience à tenter : entre Le Lieutenant souriant et La Folle Ingénue, quinze ans ont passé, le son et le monde ont changé, et le sourire de Lubitsch est resté exactement le même.

Auteurs et artisans

On oppose parfois les « auteurs », qui imposent leur vision, et les « artisans », qui servent le film. Le guide les range côte à côte, et la frontière paraît bien mince à l'usage. Stevenson avait pour seule ambition de bien raconter, et Mary Poppins a traversé soixante ans. Clarence Brown passait pour un technicien, et Le Grand National émeut encore. À l'inverse, Hawks, que l'on tient aujourd'hui pour un géant, se présentait comme un simple fabricant de films distrayants.

Ce que les uns et les autres ont en commun, c'est la constance. Un artisan qui tourne quatre bons films de la même veine a une manière, lui aussi. Celle de Turteltaub est la bienveillance, celle de Herek la transmission, celle de Ross le sens de la troupe, celle de Marshall le conte de fées moderne. Les ranger par nom leur rend ce que les affiches leur donnent rarement : une place sur l'étagère.

Une dernière remarque sur les deux réalisatrices du guide, Katja von Garnier et Naomi Kawase. Elles sont peu nombreuses, à l'image de l'histoire du cinéma, et leurs films comptent parmi les mieux aimés : les trois Whisper dépassent tous 7,3, et Les délices de Tokyo figure parmi les sommets. Kawase filme la nature et les gestes avec une attention que l'on reconnaît dès le premier plan : un cerisier, des mains qui pétrissent, la lumière du soir. Von Garnier filme la vitesse et la liberté. Deux signatures bien distinctes, et deux bonnes raisons de chercher leurs noms au générique.

Le guide en chiffres

Les 160 films durent 17 216 minutes, soit 286 heures et 56 minutes. Les seize filmographies en représentent 123 heures, les cinq ateliers 164. La filmographie la plus longue est celle de Hawks (11 heures pour six films), devant celles de Cukor et de Minnelli ; la plus courte est celle de Hoen (5 heures et 41 minutes pour quatre téléfilms). Le plus grand atelier, celui d'aujourd'hui, demande près de 43 heures.

Au classement des moyennes, Lubitsch mène les filmographies à 7,4, devant Kaurismäki (7,3), Hallström et von Garnier (7,2), puis Linklater (7,2). Parmi les ateliers, l'Asie arrive en tête à 7,4, devant l'atelier français à 7,1 et l'atelier européen à 7,0. Les films parlent dix langues : l'anglais pour 107 d'entre eux, le français pour 15, le japonais pour 11, l'allemand pour 8, l'italien pour 7, le finnois, le russe et le bengali pour 3 chacun, le coréen pour 2 et le suédois pour un.

Le cinéaste dont la carrière est la plus étendue dans le guide est Wim Wenders, avec quarante-neuf ans entre Alice dans les villes et Perfect Days. Viennent ensuite Lasse Hallström, quarante ans, et Jon Favreau, vingt-trois ans. À l'inverse, les trois films de Sandrich tiennent en trois années, 1936, 1937 et 1938 : au temps des studios, on tournait vite.

Organiser une rétrospective à la maison

Le guide est fait pour les rétrospectives de salon. Choisissez un cinéaste, et voyez ses films dans l'ordre où il les a tournés : c'est le meilleur moyen de sentir une évolution. Une filmographie de quatre films occupe quatre soirées, une semaine en prenant son temps. Les quatre Lubitsch tiennent en moins de sept heures. Les quatre Kaurismäki en six heures : ses films sont courts, parfois moins d'une heure vingt.

Pour une rétrospective plus ample, enchaînez deux cinéastes de la même famille. Un mois Hollywood : Lubitsch, puis Hawks, puis Cukor, soit quinze films. Un mois européen : Fellini, Kaurismäki, puis les six cinéastes de l'atelier. Un mois de films familiaux : Stevenson, Turteltaub, Herek et Hoen. Tenez un petit carnet : après chaque film, notez en une ligne ce qui vous a paru typique du cinéaste. Au dixième film, vous écrirez comme un critique.

Avec des enfants, la rétrospective Stevenson est toute trouvée, et la rétrospective Burton plaira dès dix ans. Avec des adolescents, essayez Linklater, ou Deutch pour le plaisir de découvrir le lycée de leurs parents.

La fiche d'un film

Sur la fiche, le nom du réalisateur figure en bonne place, sous le résumé, avec sa photographie quand elle existe. Autour de lui : l'affiche, le titre français et le titre d'origine, l'année, la durée, les genres, la distribution, et un tableau de renseignements, date de sortie, pays, langue, studio.

La liste du cinéaste, ou son atelier, est indiquée parmi les listes du film. Un clic, et vous voilà dans son rayon, devant ses autres titres. C'est le geste que le guide veut encourager : passer d'un film à son auteur, puis de l'auteur à un autre film.

Chercher un film ou un cinéaste

Le champ de recherche accepte les noms de réalisateurs : tapez Hawks, Fellini, Ozu ou Burton, et leurs films apparaissent. Il accepte aussi les titres, en français ou dans la langue d'origine, « Born Yesterday » pour Comment l'esprit vient aux femmes, « Cluny Brown » pour La Folle Ingénue, « Mahanagar » pour La Grande Ville, ainsi que les noms d'acteurs et les années.

La page Recherche filtre par genre, par année et par score. La page Chercher sur Shimux donne d'autres exemples.

Ma liste

Ma liste est votre programme de rétrospective. Chaque fiche a son bouton Ajouter à ma liste ; les films choisis sont gardés par votre navigateur, sur votre appareil. Ajoutez d'un coup les quatre ou cinq films d'un cinéaste, et cochez-les dans votre tête à mesure. Voir la page Ma liste.

Le bouton Regarder

Shimux est un guide : il présente les cinéastes et leurs films, et vous oriente vers les services qui les proposent. Le bouton Regarder de la fiche ouvre la page JustWatch du film, où figurent les plateformes officielles de votre pays et leurs formules, abonnement, location, achat. Un menu permet de choisir parmi quinze pays.

Les classiques d'avant 1970 se trouvent souvent sur des services spécialisés, en version restaurée. Pour les films d'Ozu, de Ray ou de Kaurismäki, la version originale sous-titrée est la seule qui rende justice aux voix. Voir la page Où regarder.

Sur téléphone et tablette

Sur un petit écran, les seize plaques se rangent deux par deux, puis les cinq ateliers. Les rangées d'affiches passent à deux colonnes et gardent leur ordre chronologique. Le menu, derrière le bouton aux trois traits, ouvre la recherche, les cinéastes, les sommets et Ma liste. Voir la page Shimux sur mobile.

Questions fréquentes

Combien de films propose Shimux ?

160 films de 46 cinéastes, sortis de 1931 à 2026.

Comment les films sont-ils rangés ?

Par cinéaste : seize filmographies de quatre à six films, et cinq ateliers qui regroupent trente cinéastes à trois films chacun.

Quels cinéastes ont leur propre liste ?

Lubitsch, Hawks, Cukor, Minnelli, Stevenson, Fellini, Kaurismäki, Hallström, von Garnier, Burton, Linklater, Ross, Deutch, Herek, Turteltaub et Hoen.

Que sont les ateliers ?

Cinq groupes de cinéastes d'une même famille : français, Hollywood classique, aujourd'hui, européen et Asie.

Quel cinéaste a les meilleurs scores ?

Ernst Lubitsch parmi les filmographies ; Satyajit Ray place ses trois films parmi les sommets.

Dans quel ordre voir les films d'un cinéaste ?

L'ordre chronologique, celui de la page d'accueil, montre le mieux l'évolution d'un style.

Y a-t-il des films français ?

Oui, quinze films, réunis dans l'atelier français et dans la liste Kaurismäki pour La Vie de Bohème.

Le guide est-il en français ?

Oui, les titres, les synopsis et toutes les pages sont en français.

Où voir les films ?

Le bouton Regarder de chaque fiche ouvre JustWatch, qui liste les services officiels de votre pays.

Comment garder un film pour plus tard ?

Avec le bouton Ajouter à ma liste, présent sur chaque fiche.